La construction de l'Église Saint-Joseph avait été commencée en 1713 quand le Supérieur des Prémontrés de Pont-à-Mousson voulut avoir à Nancy un couvent et une Église neuve. Les travaux furent interrompus, faute de ressources.

Ce n'est qu'en 1758 que Claude Mique, architecte de Stanislas, reprit les travaux. L'Église fut achevée par Louis Joseph Mique, fils de Claude, en 1780.

Le 12 Germinal An Xll (2 avril 1804), un décret de Bonaparte accorde aux protestants de Nancy un Oratoire. Le 12 Thermidor An Xll (31 juillet 1804) un pasteur venant de Genève est nommé à Nancy. Le 12 Floréal An Xlll (2 Mai 1805), l'Empereur met à la disposition des protestants l'Église St Joseph, faisant à cette époque office d'entrepôt. À charge pour la communauté d'assurer les réparations, l'aménagement intérieur, l'achat du mobilier et l'entretien.

La place André Maginot (place Saint-Jean)

Ancienne place de la Ville-Neuve de Charles III, elle a été créée en 1611 devant la porte Saint-Jean, qui lui a donné son nom. Cette porte fut une des plus importantes de Nancy par ses dimensions. Elle fut pendant plus de deux siècles, avant la construction de la place Stanislas, la seule sortie de Nancy sur la route de Paris et vers Laxou et Villers par le faubourg Saint-Jean. Cette porte se trouvait à l'emplacement de l'avenue Foch, entre l'actuel magasin du Printemps et l'Est Républicain. Elle abritait des corps de garde.

Au sud de la place se trouvait l'ancien Hôtel de Gendarmerie construit en 1699, puis devenu la caserne de cavalerie. À l'est, le long de la rue Chanzy, s'élevaient des maisons particulières. Le côté nord de la place était presque entièrement occupé par le couvent des Prémontrés. Ces religieux s'y installèrent en 1635, dans une maison qui avait appartenu, de 1611 à 1635, à des religieuses dites Madelonettes. À partir de 1713, les Prémontrés firent construire à cet endroit leur église dédiée à Saint-Joseph. Cette église devint le temple protestant Saint-Jean en 1805.

Les bâtiments conventuels devinrent en partie une annexe de la caserne de cavalerie, le presbytère protestant, et une école primaire de garçons et de filles. En 1854, l'École de Garçons devint municipale et les deux écoles disparurent en 1881, après les lois scolaires rendant l'enseignement obligatoire. Les enfants fréquentèrent alors les écoles du quartier.

Ces bâtiments furent totalement détruits en 1882, lors du percement de la rue Victor Poirel.
La place fut entièrement restructurée à partir de 1874, avec la destruction de la porte (qui gênait le trafic), du quartier de cavalerie et du couvent des Prémontrés. Des immeubles nouveaux y furent édifiés, dont certains comptent parmi les plus beaux de l'architecture 1900 à Nancy. Ce sont dans la rue Chanzy, les n° 7 (construit par Joseph Hornecker en 1907) et n° 9 (banque nationale de Paris, ancienne banque Renauld, construite en 1910 par Émile André).

Cette place s'est généralement appelée place ou square Saint-Jean. Mais elle a également porté les noms suivants :

  • en 1793: place Lepelletier (Lois-Michel Lepelletier de Saint-Fargeau, 1760-1793, célèbre magistrat et conventionnel qui vota la mort de Louis XVI)
  • en 1795 : place de la cavalerie
  • en 1894 et 1895 : place Carnot
  • en 1940 : place André Maginot. Maginot, né à Paris en 1877 d'une famille meusienne, député de la Meuse, est à l'origine de la ligne de fortifications construite de 1927 à 1936 sur la frontière franco-allemande. Cette ligne était destinée à empêcher une invasion allemande en France. Elle laissait libre la frontière franco-belge, par laquelle passèrent les armées d'Hitler en 1940...

L'architecture du temple

Elle s'inscrit dans la tradition baroque du 18e siècle. L'architecte Betto se serait inspiré pour la façade de la Chiesa del Gesù à Rome. Cette façade est composée de deux ordres décorés de pilastres corinthiens et composites. Un escalier de dix marches conduit au portail formant avant-corps. Deux niches, actuellement vides, contenaient des statues de la Vierge et de Saint Joseph. Le porche est surmonté d'un fronton circulaire où un artiste a sculpté Saint Joseph portant Jésus et sur une banderole, on peut lire: "Dabo tibi corona vitae" (Je te donnerai la couronne de vie, citation du livre de l'Apocalypse 2:10).

Une fenêtre cintrée et deux niches toujours restées vides forment le second ordre. La façade se termine par un entablement et un fronton triangulaire où est sculpté l'oeil de la Providence environné de rayons et de nuages au milieu desquels apparaissent chérubins et séraphins. Une croix et deux vases couronnent le tout. Deux tours de forme ovale flanquent les deux côtés du choeur.

Le 13 juillet 1807, après d'importants travaux d'aménagement intérieur (entre autres: tribunes, bancs, chaire), exécutés grâce à la générosité de protestants, le Temple est inauguré. Il est décidé alors que le pasteur viendra résider à Nancy et c'est pour servir de presbytère que les protestants louent la maison contiguë au Temple sur la place Saint-Jean.

Les bâtiments annexes du Temple

En 1882, La Municipalité décide la refonte de la place Saint-Jean. Le presbytère, cédé à la Ville, est démoli. En échange, la Ville fait construire une maison, rue Saint-Joseph (actuellement la maison du n°6 de la rue Chanzy.) En 1886, les protestants acquiérent l'immeuble qui abrite la sacristie, le presbytère, le logement du sacristain et des locaux pour les jeunes.

En 1905, par suite de la loi de Séparation de l'Église et de l'État, le Temple devient propriété de la ville qui en laisse la jouissance aux protestants.

En 1924, à la place du jardin du presbytère jouxtant la Salle Poirel, la paroisse inaugure un Foyer de jeunesse avec salle des fêtes et locaux.

Aller au haut