gouvernance

Constituée en association cultuelle (loi 1905), l’Église protestante unie de France est en réalité une union d’Églises locales. Son mode de gouvernance représente un marqueur identitaire fort du protestantisme.

Le régime presbytérien synodal

En adoptant un régime que l’on appelle presbytérien synodal, l’Église met en avant la responsabilité et la liberté individuelles, dans le même geste que celui des réformateurs du 16e siècle rendant la lecture et l’interprétation de la Bible accessibles à chacun. Elle met également en œuvre par ce choix un important principe de solidarité.

Refusant une structure hiérarchique pyramidale, ou même épiscopale, le protestantisme assure un juste équilibre entre l’exercice autonome du gouvernement de l’Église locale, ministère confié à la collégialité du Conseil Presbytéral, et le gouvernement de l’Union qui est assuré par le Synode, composé de délégués, pasteurs et représentants des Conseils Presbytéraux. Entre deux séances du Synode, le Conseil national, élut par l’assemblée, met en œuvre les décisions votées. Le Synode est en particulier responsable de la Confession de foi de l’Église, de sa Constitution, de la formation, du recrutement et du salaire des pasteurs.

À titre de comparaison, certaines Églises dites évangéliques en France sont organisées en congrégations : chaque communauté est autonome dans sa façon de conduire ses activités et ses projets, ce qui implique également le plus souvent qu’elle a la charge de rémunérer elle-même son pasteur.

Une démocratie ?

Le régime presbytérien synodal permet l’implication de chacun des membres de l’association cultuelle dans la vie de l’Église et dans les décisions qui l’orientent. Mais le mode de représentation choisi, s’il se fonde sur un principe démocratique, suit également une conception théologique du gouvernement de l’Église : avant d’exercer un mandat, les conseillers presbytéraux sont appelés à un ministère qu’ils assurent ensemble, et pour lequel l’Église reconnaît avec eux une vocation.

Si remporter les suffrages de l’assemblée générale est indispensable pour être élu au Conseil Presbytéral, on ne saurait oublier que la communauté demande dans sa prière le discernement nécessaire pour appeler celles et ceux qui auront la responsabilité de conduire l’Église locale.

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