principes-convictions

L’identité confessionnelle du protestantisme (on parle de religion chrétienne et des confessions catholique, orthodoxe et protestante) ne se dit pas à travers un appareil doctrinal, mais elle s'exprime essentiellement dans une Déclaration de foi.

Cette déclaration s’inscrit dans la fidélité à d’autres confessions de foi telles que le Symbole des Apôtres (Credo), les Symboles œcuméniques, ou encore la Confession de foi de La Rochelle.

Cette dernière a été adoptée par le premier Synode des Églises réformées à Paris en 1559 puis ratifiée également par les Églises réformées de Genève et du Béarn en 1571 lors d'un synode ultérieur qui s'est tenu à La Rochelle.


La Bible

Au fondement de la Réforme du 16e siècle, les théologiens protestants entendent restaurer la liberté de conscience du croyant devant la Bible. La Bible est donc considérée comme seule autorité et référence ultime de la foi. Considérant que la Parole de Dieu est révélée aux Hommes à travers les Écritures, par ce que Jean Calvin désigne comme le témoignage intérieur du Saint Esprit (le même Esprit Saint inspira les auteurs des récits bibliques et inspire aujourd'hui les lecteurs de la Bible qui y cherche la Parole de Dieu), les protestants trouvent dans la lecture de la Bible la source de leur lien avec Dieu.

De ce point de vue, on préfère davantage parler d'éthique protestante que de morale chrétienne, la première faisant appel à la responsabilité individuelle et à la libre détermination de l'Homme, la seconde pouvant laisser trop d'importance à la pesanteur de la tradition et des institutions.

Pour autant, parler de religion du Livre pour le christianisme, et en particulier pour la confession protestante, serait abusif : la posture qui tendrait à considérer la Bible comme un livre sacré serait une dérive fondamentaliste, qui dénaturerait la conception chrétienne de la révélation de Dieu dans l'histoire des Hommes.

L’Église

Le sacerdoce universel exprime dans un point de vue protestant que l’Église n’est pas constituée de ceux qui prêchent et administrent les sacrements, autrement dit les clercs, mais de tous les baptisés ; il n’y a pas de différence de nature entre un état ecclésiastique et un état laïc, tous appartenant de la même manière au peuple de l’Église, dans une égalité assurée par l’unicité du baptême ; tous étant également responsable du témoignage de la Parole dans le monde.

La question catholique du sacerdoce ministériel vient creuser la différence entre catholiques et protestants dans une perception pourtant commune du sacerdoce universelle. Le sacerdoce ministérielle de l’Église catholique de Rome consacre en effet le prêtre comme représentant du Christ, apte à réitérer son sacrifice lors de la messe en vertu du pouvoir sacré qui lui est conféré, et institue une différence non pas uniquement de degrés mais de nature avec le sacerdoce dit commun.

Le protestantisme considère que le Christ conduit son Église par le témoignage du Saint-Esprit, que l’Église manifeste l’unité du corps du Christ (cf. 1 Corinthiens 12), que chacun est appelé à discerner la présence du Christ dans le partage du pain et du vin lors de la Sainte Cène... Et que le Christ se révèle dans le visage du prochain, mais pas dans le pouvoir sacré d’un prêtre.

La question des limites de l’Église fait débat au sein même du protestantisme, entre la vision d’une Église dite confessante (les membres de l’Église sont ceux qui proclament que Jésus-Christ est le Seigneur), et celle d’une Église dite de la multitude, qui rend justice à la dimension universelle du salut assuré dans l’amour de Dieu pour les femmes et les hommes de ce monde. Ces deux conceptions ne s’opposent pas toujours de façon exclusive et peuvent aussi être fécondes dans la tension qu’elles créent ensemble.


A titre de synthèse, on peut considérer que tout protestant se retrouve dans les six affirmations suivantes.
[Source : portail de la Fédération Protestante de France]

À Dieu seul la gloire
Rien n'est sacré, divin ou absolu en dehors de Dieu, affirment les protestants. Ces derniers sont donc vigilants envers tout parti, valeur, idéologie ou entreprise humaine prétendant revêtir un caractère absolu, intangible ou universel.
Parce que Dieu est un Dieu de liberté, qui appelle une libre réponse de la part de l'être humain, les protestants sont favorables à un système social qui respecte la pluralité et la liberté des consciences.

La grâce seule
Les protestants affirment que la valeur d'une personne ne dépend ni de ses qualités, ni de son mérite, ni de son statut social, mais de l'amour gratuit de Dieu qui confère à chaque être humain un prix inestimable.
L'Homme n'a donc pas à mériter son salut en essayant de plaire à Dieu. Dieu lui fait grâce, sans condition. Cet amour gratuit de Dieu rend l'Homme apte, à son tour, à aimer ses semblables, gratuitement.

L'essentiel, c'est la foi
La foi naît de la rencontre personnelle avec Dieu. Cette rencontre peut surgir brusquement dans la vie d'un individu. Le plus souvent, elle est l'issue d'un long cheminement parsemé de doutes et d'interrogations.
Mais la foi est offerte par Dieu, sans condition. Tout être humain est appelé à la recevoir dans la liberté. Elle est la réponse humaine à la déclaration d'amour faite à tous par Dieu, dans la parole biblique, en Jésus-Christ.

La Bible seule
Les chrétiens protestants ne reconnaissent que la seule autorité de la Bible. Elle seule peut nourrir leur foi ; elle est la référence dernière en matière théologique, éthique, institutionnelle. A travers les témoignages humains qu'elle nous transmet, la Bible est la Parole de Dieu.
Les textes bibliques dessinent des principes généraux à partir desquels chaque protestant, pour ce qui le concerne, et chaque Eglise, collégialement, tracent l'espace de leur fidélité.

Se réformer sans cesse
Les Églises rassemblent dans une même foi et espérance tous ceux, hommes, femmes et enfants, qui confessent explicitement le Dieu de Jésus-Christ comme celui qui donne sens à leur vie.
Les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines. "Elles peuvent se tromper" disait Luther. En référence à l'Évangile, les Églises doivent sans cesse porter un regard critique et interrogateur sur leur propre fonctionnement. Chacun doit y prendre sa part de responsabilité et être témoin de la fidélité à la parole divine.

Le sacerdoce universel
Parmi les principes les plus novateurs de la Réforme, le sacerdoce universel des croyants instaure une place identique, au sein de l'Église, à chaque baptisé. Pasteurs et laïcs se partagent le gouvernement de l'Eglise. Les pasteurs n'ont pas de statut à part dans l'Église. Ils y exercent une fonction particulière à laquelle des études universitaires de théologie les ont conduits. Dans un esprit d'unité, ils assurent en particulier le service de la prédication et des sacrements, l'animation de la communauté au sein de laquelle ils exercent leur ministère, l'accompagnement, l'écoute et la formation théologique de ses membres.

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